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Sombrero de Philippe Découflé

Par Bertrand le 5 décembre 2007

Sombrero est l’un des spectacles les plus attendus de la saison de la Comédie de Clermont. La nouvelle création de Philippe Découflé, est un spectacle total, voyage au Mexique revisitant les clichés américains et le western-spaghetti. Et par chance, il reste encore quelques places pour samedi...

Pour beaucoup, Phiippe Découflé reste très lié aux Jeux Olympiques d’Albertville. Les organisateurs lui avait effectivement confié la mise en scène des Cérémonies d’ouverture et de clôture des XVIe Jeux Olympiques. L’événement avait consacré l’expression « decoufleries » désignant cet art singulier de la rencontre entre les mondes du cirque, de l’image et de la danse.

Déjà en 1989, il avait obtenu une certaine reconnaissance grâce à une publicité pour Polaroïd qui reçoit un Lion d’argent au Festival de Venise mais surtout à travers le succès du défilé Bleu Blanc Goude sur les Champs-Elysées à Paris, clou des célébrations du Bicentenaire de la Révolution Française, pour lequel Philippe Decouflé chorégraphie la Danse des sabots. Il y a aussi ce court-métrage, Le p’tit bal, interprété par Philippe Decouflé et Pascale Houbin, reprenant en langage des signes la chanson de Bourvil C’était bien. Un film plein d’imagination qui reçoit de nombreux prix internationaux.

Culture BD

On en oublierait presque tout son travail de chorégraphe et de danseur avec sa compagnie DCA fondée en 1983. Enfant, il rêvait de devenir dessinateur de BD. Son processus de création consiste à croquer les images qui lui passent par la tête. Il s’est aussi inspiré de Tex Avery pour la recherche de gestes à priori impossibles à réaliser et cultive la prise de risque malicieuse, la répétition comique de l’erreur.

Le chorégraphe Philippe Decouflé est ainsi un illusionniste de génie, inventeur d’un nouveau théâtre pour le corps où se cotoient l’image et le réel, l’apparence et l’illusion, le reflet et l’écran. En digne héritier d’Alwin Nikolais, ce facétieux feu follet n’a de cesse par ses « Decoufleries » d’explorer l’alchimie subtile et délirante entre danse, théâtre et vidéo.

Cette pièce fourmillante pour sept interprètes dont lui-même, tous artisans complices de longue date, s’est construite autour du thème de l’ombre. On le retrouve, look de personnage de BD version 3D, maquillé en noir telle l’ombre-doublure d’un homme tout de blanc vêtu.

Au fil d’une danse resplendissante accompagnée par le piano, sur scène, de Sébastien Libolt et les compositions de Brian Eno, grâce à l’ingéniosité palpitante d’une fine équipe de vidéastes, manipulant à vue les caméras, les ombres, tantôt charnelles, tantôt virtuelles, s’ébattent et s’évanouissent dans une débauche de dérision, de clins d’œil poétiques et de prouesses techniques. Les héros sombres qui en surgissent en font un Sombrero franchement amusant, délicat et décalé.

Par chance pour les retardataires, la Comédie de Clermont avait réussi à programmer une date supplémentaire samedi et il reste encore quelques places.

Sombrero

direction artistique Philippe Decouflé
mercredi 5, jeudi 6 et vendredi 7 et samedi 8 décembre 2007 à 20:30 - maison de la culture salle Jean-Cocteau - Clermont-Ferrand
- www.lacomediedeclermont.com

Et pour le plaisir, voici la vidéo Le p’tit bal perdu

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