Par Bertrand le 10 septembre 2008

Lassé d’attendre une réponse de l’État, René Souchon a décidé de passer à l’étape suivante. Depuis plusieurs mois, il n’a de cesse d’interpeller le gouvernement sur l’état préoccupant du réseau ferroviaire auvergnat.
L’Auvergne détient ainsi un triste record avec le plus grand nombre de ralentissements imposés en France (10%) alors que ses lignes ne représentent que 4% du réseau national. On comptabilise ainsi pas moins de 250 km de ralentissement sur neuf lignes ferroviaires contre 125 km en 2007 :
Des travaux d’infrastructure sont bien engagés dans le cadre du Contrat de projets Etat/Région (CPER) 2007/2013 sur Clermont-Ferrand/Paris, Le Puy/Clermont-Ferrand, et Aurillac/Clermont-Ferrand mais ils ne règlent pas le problème de l’état du réseau auvergnat sur les autres lignes.
Surtout, l’état du réseau a des conséquences plus que préoccupantes pour l’avenir du territoire. Faute d’entretien, des lignes sont contraintes de fermer à l’instar de Clermont/Montluçon en décembre 2007 et Montluçon /Ussel en début d’année 2008. Les ralentissements ont aussi pour conséquence de dégoûter du train certains passagers. Outre des usagers privés d’un mode de transport de plus en plus plébiscité, c’est aussi toute la démarche de développement durable et de développement de l’Auvergne qui est mise en difficulté.
Face à ce constat et "pour que tous les Auvergnats aient droit de circuler dans les mêmes conditions que la plupart des Français", le président du Conseil régional d’Auvergne et son exécutif proposent à l’Etat via Réseu Ferré de France (RFF) un Plan Rail sur 5 ans. Bien que cela ne soit pas de sa compétence et qu’elle paie déjà 14 millions d’euros de péage à RFF, la Région a décidé de financer un Plan Rail pour rattraper le réseau ferré auvergnat. Mais pour cela, le président du Conseil région pose une condition : que l’Etat et Réseau ferré de France participent au minimum, à la même hauteur que l’effort régional.
René Souchon a donc lancé aujourd’hui un ultimatum à l’Etat, via Réseau ferré de France. Faute d’une réponse avant fin septembre, René Souchon annonce qu’il fera appel à la mobilisation des Auvergnats comme il l’a déjà fait il y a quelques mois pour le TGV.
Bravo M. Souchon, encore une fois vous faites preuves de courage pour améliorer le sort de l’auvergne que VGE avait bien contribué à dégrader. Facee à cet Etat de droite conservateur (tout pour Paris, va te faire fou... l’auvergne), au moins vous vous battez. continuez, les Auvergnats sont derriere vous.
Au moins les hommes politiques comme vous, ca nous change de M. Hortefeux qui s’interesse à l’auvergne surtout pour les prochaines éléctions qui pourraient lui faire gagner un mandat supplementaires (lui qui a renoncé à Clermont, officiellement car il voulait s’occuper de la sainte mission que lui a confié Sarko)
Les neo-con francais n’ont, au moins, pas peur du ridicule et de la mauvaise foi
Encore une fois, continuez M. Souchon, les Auvergnats sont avec vous
Voilà ce que disait René Souchon sur son chat le 28 novembre 2007 (que chacun peut consulter sur auvergne.org) :
Actuellement nous comptons environ 230 kms de ralentissements dus au mauvais état de la voie. Le coût de la régénération est compris entre 200 et 250 millions d’euros. C’est à RFF de procéder à ces investissements. J’ai demandé compte tenu de ce la Région Auvergne totalise 10% des ralentissements français pour 4 % du réseau national, un plan spécial de rattrapage. J’ai de bonnes raisons de penser que le gouvernement va effectivement proposer ce plan... A condition que la Région y participe. C’est ce que j’appelle la double peine. En effet, nous payons chaque année 14 millions d’euros de péage à RFF pour faire circuler nos trains TER participer au financement de la régénération équivaudrait après avoir payé le péage à repayer celui-ci sur les travaux que nous aurions financés. De toutes façons la Région n’a aucune marge financière pour répondre à cette demande. Je rappelle enfin, que les voies ferrées ne relèvent absolument pas des compétences régionales.
A l’époque, il ne voulait pas entendre parler d’un Plan Rail auquel participerait le Région : pas notre compétence, pas les moyens financiers, double peine...
Et maintenant, ça devient possible !!! Sacré René, toujours aussi drôle !!!
C’est amusant cette façon d’essayer d’inverser les rôles.
Il y a an, alors que l’Etat lui proposait un cofinancement pour accélérer les travaux, Souchon passait son temps à dire qu’il était hors de question de mettre un centime sur la régénération des voies, que c’était à l’Etat et à RFF de le faire.
Maintenant, Souchon essaie de faire croire que c’est lui qui en prends l’initiative...
TRES MAUVAIS EXEMPLE la ligne Clermont-Aurillac. Elle va être entièrement moderniser dans le cadre du Contrat de Projets Etat-Région 2007-2013, pour un coût de 40 millions d’euros :
Etat : 15,67 M€
RFF : 13,33 M€
Europe : 7 M€
Région : 4 M€
On ne peut pas dire que l’Etat et RFF ne vont rien faire sur cette ligne.
Alors si les efforts de RFF donc de l’Etat sont si conséquents, pourquoi des lignes ferment ? (Montluçon -Clermont via Volvic).
Malgré tous vos commentaires anonymes, tout n’est pas au mieux dans le meilleurs des mondes : la droite est au pouvoir depuis 6 ans dans ce pays, qu’a-t-elle fait pour relancer le transport ferroviaire ? Où sont parties les recettes de la privatisation des autoroutes en 2004 ? On disait que c’était pour désendetter le pays (qui l’est toujours autant) et pour relancer le rail... Or, toujours rien !
Sans les régions socialistes qui font le boulot à la place des gouvernements UMP qui se succèdent, la situation serait pire...
La Région Midi-Pyrénées n’a pas eu le comportement de Souchon. En 2006, la Région a engagé une négociation avec l’Etat, RFF et la SNCF pour le restauration de l’ensemble du réseau qui s’est conclu par un plan rail ambitieux signé en juillet 2007. Elle a constaté que le réseau était dégradé, que les trains bientot ne circuleraient plus. Elle s’est dit c’est de ma responsabilité d’aménégeur du territoire de permettre le maintien des lignes ferroviaires. Je suis prêt à mettre la main à la poche avec l’Etat et RFF. A partir de là tout le monde s’est mis autour de la table pour trouver un accord dont tout le monde se félicite ;
Souchon, lui, depuis un an, explique que le réseau est en mauvais état mais qu’il est hors de question que le Région Auvergne finance une quelconque régénération des voies parce que ce n’est pas "sa compétence". On doit pouvoir retrouver assez facilement ses déclarations définitives de l’époque (et notamment sur ce site).
Mais voyant que sa position n’est pas tenable et que les élections approchent, il essaie de faire un coup politique avec son ultimatum (pas la meilleure façon d’entamer un partenariat).
Ce genre de partenariat Etat/Région/RFF pour la régénération des voies, c’est ce qui se fait à plus ou moins grande échelle dans toutes les régions françaises. Il n’y a que l’Auvergne qui y était totalement opposée.
Si Souchon avait eu cette position de sagesse dès le début, on aurait gagné un an.
Bah, ça lui donnera l’occasion de faire une nouvelle campagne de com et de postuler pour un nouveau prix à poser sur sa cheminée !!
Tiens on dirait comme un troll de droite... Bizarre...
Pour remettre les pendules à l’heure :
1) RFF a la charge du réseau Français, elle doit financer son entretien. 2) la Region Pyrénnee finance seule son plan rail, sans soutiens de l’état. 3) Il est evident que l’auvergne n’a pas la capacité financière de d’emprunter comme la région M-P et s’endetter lourdement pour son plan rail. sa dette est au passage importante avec Vulcania et autre grande Halle. Le budget annuel de la Regio tourne autour de 400-500 millions d’euros, avec principalement les lycées et le soutien financier des TERs.