Vendredi 24 novembre
Par Bertrand le 24 novembre 2006
Poétique, militante ou populiste, facile, élitiste, édifiante, légère, patriotique, libertaire, humoristique, grivoise, mélodramatique, satirique, racoleuse ou frondeuse, la chanson du début du XXe siècle suscite une frénésie de divertissement propre à exorciser les réalités sociales jusqu’au spectre de la guerre. Inspirés des interprètes d’il y a un siècle – gouaille et voix à cru – Les Ravageurs sont de retour dans un domaine où ils excellent, tour de chant déjanté et théâtre détraqué, pour notre plus grand plaisir.
Les trois comédiens de la Compagnie Les Ravageurs, mués en infirmières macabres et pittoresques, sont accompagnés de deux musiciens du collectif Musique en Friche à la clarinette et contrebasse.
De Tu m’as possédée par surprise au Tango neurasthénique, de L’Ovariotomie à La Ballade des asticots, ils nous font entendre une vingtaine de chansons issues du café-concert, au tragique souvent désuet. S’y heurtent des propos sociopolitiques sur le néolibéralisme de notre ère, dignes échos du slogan surréaliste : « manger de l’homme, c’est bon »…
Nous avions consacré en décembre 2005 un article à ce spectacle lors de sa première présentation à la Comédie de Clermont.