TGV
Par Bertrand le 4 mars 2004

Il y a quelques temps, Valery Giscard d’Estaing avait émis la volonté de regrouper l’Auvergne et le Limousin en une seule région de dimension européenne. La proposition avait fait douter en Auvergne, et avait indigné dans le Limousin. Cette dernière est d’ailleurs bien plus tournée vers l’Atlantique et le Poitou que vers l’Auvergne.
La mise en place du TGV à Limoges pour 2014 ne fait qu’augmenter cet état de fait. Ainsi Limoges ne sera plus qu’à trente minutes de train de Poitiers, une heure de Tours, deux heures de Paris... et toujours plus de deux heures de Clermont par la route. Pour ceux qui veulent faire le trajet en train, comptez au minimum 3h38 de TER avec un changement !
Pourtant il n’y a pas si longtemps encore, les élus du Limousin s’inquiétaient de la décision de Jean-Pierre Raffarin d’enterrer les projets de train pendulaire. Le Limousin qui rêvait de TGV pour la ligne Toulouse-Limoges-Paris depuis 15 ans, s’était finalement vu attribuer un train pendulaire, et une convention avait été signée avec les régions concernées : Centre, Limousin et Midi-Pyrénées.
Mais le 18 décembre dernier, Jean-Pierre Raffarin s’était fait un plaisir de narguer les trois régions gérées par la gauche en enterrant ce projet lors du Comité Interministériel d’Aménagement et de Développement du Territoire (CIADT).
C’était sans compter sur une élue bien particulière : Bernadette Chirac. La première dame de France, élue en Corrèze, a donc "fait le forcing" et obtenu le raccordement de Limoges au réseau grande vitesse d’ici 10 ans. Avec l’appui de son mari, elle a fait céder Raffarin, et ils font là un beau cadeau aux candidats UMP à trois semaines des élections régionales.
Et bien comme toujours Clermont s’enlise dans son enclavement. La ville doit se contenter d’un Téoz très controversé, un Corail revisité qui n’apporte pas grand chose sinon des galères et des augmentations de prix. Un rassemblement de protestation est même organisé samedi 6 mars à 10h00 à la gare SNCF.

Mais l’Auvergne est toujours privée de grande vitesse, l’aéroport d’Aulnat en perte de vitesse, rien de bien réjouissant pour l’avenir alors que le bilan économique de la région est désastreux.
Pourtant on a nous aussi dans notre région un élu de poids en la personne de VGE. Le désenclavement de l’Auvergne est d’ailleurs son cheval de bataille pour les élections régionales 2004. Mais son truc à lui ce serait plutôt les autoroutes (A75, A89), ou le train régional comme en atteste son site de campagne qui affiche dès la première page un magnifique... TER.

La critique est toujours facile. D’un coté comme d’un autre, pas un pour relever l’autre. La France est lamentable, on préfère critiquer ce qui ne va pas mais en revanche on oublie de dire ce qui va bien. C’est un mal bien français. Gauche ou Droite l’essentiel est d’avoir des résultats. Un tgv pour l’Auvergne c’est difficile à croire, dans vingt ans peut-etre ?
Allez l’Auvergne et sans rancune !!!